Que peut bien donner la rédaction d'un article blogamentaire le lendemain d'une soirée digne d'un marathon olympien, passé à prendre l'apéro chez chez le chameau, à chanter (brailler ?) la chanson du dimanche dans les rues Caennaises, à faire un braquage de verres vides dans un troquet, à déambuler les yeux brouillés par les divers jus de grenadine ingurgités, à la recherche d'une compagnie, à marcher, marcher, marcher sans fin, marcher sans savoir où, sans savoir pourquoi, avec simplement dans l'esprit l'image du lit et de la grenadine, symboles de la fin du périple ?
Pour répondre à cette question que se posent moult quidams de la société moderne, nous avons, nous, poumpoumtchak, fais l'expérience.
Nous voilà donc à la fin de cette journée que l'on surnomme un peu vulgairement "lendemain de soirée", journée fantôme s'il en est, les heures tournèrent sans crier gare, et la nuit tomba après un clignement de paupières. Les cheveux sont tout emoustillés, l'haleine putride, les membres engourdis, les deux yeux regardant chacun dans un sens différent, les oreilles pleines de cire, et la voix quasi-incompréhensible sauf par une personne dans la même situation, BREF, nous avons la tête dans le postérieur droit, ou, diraient les conducteurs de voitures tunées, "on s'est mis minables".
Quels genres de reflexions peut on avoir dans cet état, c'est la problématique de l'article, mise en situation, attention les yeux il va falloir suivre si vous ne voulez pas être largués, il va falloir donner de vous même pour tout lire, nous allons explorer une terre inconnue, un el dorado non anthropisé, le Walhalha des zonards, le paradis des alcooliques, le jardin d'Eden des fumeurs de joints, première constatation, hop, pas de points, juste des virgules comme pour symboliser une journée non parsemée de réelles pauses canap' ou mots flechés, mais simplement de "minute on souffle", ou de "liberez les toilettes je reviens tout de suite", à peine couché qu'il faut se relever, le Quick nous attend !? Un point d'exclamation pour les moments imprévus qui nous laissent la bouche ouverte et la salive glissante des parois de notre bouche, un point d'interrogation pour l'incertitude de la suite du programme, du futur proche mais si lointain, des projets à long termes pour le lendemain : deux points ouvrez les guillemets "que ressentez vous ?"
je titube, je tremble et je ne fais rien de stable, la logique commune m'a quittée et je ne respecte plus qu'un ordre obscur, sans maîtres et sans règles du jeu, quelles sont les limites ?? Quelles sont les limites (deux fois pour se faire mieux comprendre) ?? Les limites sont celles que tu décide, c'est toi qui les place, c'est toi qui les module à ta guise en fonction des aventures de ta vie, c'est toi qui décide ou non de franchir celles que tu t'es toi même imposé, toi encore qui décide de ta sanction en cas de dépassement, c'est toi, c'est ton corps, c'est ton esprit, ton coeur et ton âme que tu détruit et reconstruit, toi qui peut décider de n'avoir même aucune limite, toi qui décide d'être l'explorateur des limites objectives physiques de l'espèce humaine !!!! Huit points d'exclamations, parce que je vois double, mais quatre parce que c'est mon chiffre préferé. Pas de points on a dit ! Je viens de dépasser la limite que je me suis moi même imposé, je m'inflige pour sanction de m'allumer une nouvelle cigarette, ce qui pour l'humanité est un fléau mais pour ma pauvre personne un putain de plaisir : deux points ouvrez les guillemets "Que ressentez vous ?"
Le bonheur si je ne me trompe, je ne suis pas seul, les rires vont bon train et les rues défilent encore dans ma tête, les images viennent, partent, reviennent, repartent, puis apparaissent modifiées sous un rythme crescendo, jusqu'au point où les images de mes camarades de soirée me reviennent, les figurant comme des pingouins cul de jatte manchots (parenthèse deux points : donc des pingouins-troncs, je vous laisse imaginer) affublés de lunettes d'écailles et de costumes trois pièces, et bizarrement mais pas tant, cela paraît normal, je les reconnais, je leur donne chacun le nom qui les représente, je rigole en voyant l'un d'entre eux faire le chameau, je chante avec un autre et je paye une blonde au troisième, nous avançons ensemble sur la banquise, nous croisons une colonie de manchots, ils nous font faire des pompes, les rustres ! Nous glissons sur la neige, mais il fait faim et il faut chasser le poisson ! le carrefour polaire nous donne notre dose de dorades et autres sardines, repus nous nous remettons en route, les morses nous saluent et les phoques couinent à notre approche !!
Pas peu fiers de notre succès sur la banquise, nous continuons de glisser, glisser, ne nous stoppant que pour bivouaquer, car nous n'avons pas que ça à faire, et le temps presse, le jour va bientôt se lever, mettant à nu nos espiègleries, Damned !!!! Nous avançons, nous progressons tant bien que mal, glissant jusqu'à rencontrer le contact de l'eau septentrionale, contact dur et froid, libérateur mais nous mettant face à notre sombre réalité : la soirée est terminée, un jour de plus est passé dans le calendrier, mais nos esprits sont restés bloqués la veille, trésor inoubliable que l'on ne retrouvera que la prochaine fois qu'on se verra...